top of page
  • icône phone
  • icône mail blue
  • icône facebook
  • icône linkedin
  • icône googe+
journaling

BLOG

Posts à là une

Quand le corps dit non : comprendre la souffrance au travail

6 mai
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 heure

Quand l'art-thérapie devient un soutien


Au cours de mon intervention à la CRAMIF de Fontenay-sous-Bois, j’ai rencontré des femmes et des hommes arrêtés dans leur élan professionnel, parfois brutalement. Arrêt maladie, épuisement, perte de sens, conflits internes ou institutionnels : autant de manifestations d’un corps et d’un psychisme qui ne parviennent plus à soutenir l’exigence du quotidien. Ce qui m’a frappée d’emblée, c’est la difficulté à mettre des mots. La souffrance au travail déborde souvent le langage. Elle s’inscrit dans le corps, dans les silences, dans les regards fuyants, dans une fatigue qui ne se repose plus. C’est précisément là que l’art-thérapie contemporaine trouve sa place.


L’art-thérapie contemporaine : un espace pour se dire autrement


Dans ma pratique, l’art-thérapie ne vise ni la performance esthétique, ni la production d’une œuvre « réussie ». Elle ouvre un espace où le geste, la matière et la trace deviennent des médiateurs entre le vécu interne et le monde extérieur. Face à des salariés en souffrance, souvent enfermés dans des récits figés (« je ne peux plus », « je suis incapable », « je n’y arriverai pas »), le travail plastique permet une autre forme d’expression :


  • Dire sans parler

  • Déposer sans expliquer

  • Transformer sans devoir comprendre immédiatement


La matière devient alors un support de projection. Une coulure, une fissure, une superposition de couches peuvent symboliser ce qui ne trouve pas encore de formulation verbale.


De l’enfermement à la mise en mouvement


Dans le cadre de cette intervention, j’ai observé combien la souffrance au travail s’accompagne souvent d’un sentiment d’enfermement : enfermement dans une situation, dans une relation hiérarchique, dans une image de soi dégradée. L’acte créatif, même simple, vient introduire une brèche. Tracer une ligne, déchirer, recouvrir, modeler… Ces gestes, en apparence anodins, remettent en circulation quelque chose de vivant. Ils redonnent au sujet une capacité d’agir, là où tout semblait figé. L’art-thérapie contemporaine ne « soigne » pas au sens médical du terme. Elle permet plutôt :


  • Une remise en mouvement psychique

  • Une réappropriation de l’expérience vécue

  • Une distance face à la souffrance


Restaurer une image de soi altérée


Chez de nombreux participants, la souffrance professionnelle s’accompagnait d’une atteinte profonde de l’estime de soi. Se sentir inutile, incompétent, ou « cassé » est une expérience fréquente après un arrêt maladie prolongé. Le processus créatif permet de reconstruire une image de soi autrement : non pas à partir de la performance, mais à partir de l’expérience. Créer, c’est exister autrement que par le regard de l’entreprise. C’est produire une trace singulière, qui ne répond à aucune norme extérieure. C’est retrouver une forme de légitimité intime.


Un espace de sécurité et de symbolisation


L’un des enjeux majeurs de mon intervention a été de proposer un cadre contenant, sécurisant, où chacun pouvait s’autoriser à explorer sans jugement. L’art-thérapie contemporaine repose sur cette alliance essentielle :


  • Un cadre rigoureux

  • Une liberté d’expression réelle

  • Une attention fine au processus plutôt qu’au résultat


Dans cet espace, ce qui était subi peut progressivement être symbolisé. Et ce qui était indicible peut commencer à se représenter.


Pourquoi l’art-thérapie est particulièrement adaptée à la souffrance au travail ?


La souffrance professionnelle engage souvent des dimensions complexes : identitaires, relationnelles, narcissiques. Elle touche à la place du sujet dans le collectif et à son rapport à la reconnaissance. L’art-thérapie offre une réponse singulière car elle :


  • Ne repose pas uniquement sur la parole

  • Permet un accès indirect à l’inconscient

  • Favorise une transformation progressive et non intrusive

  • S’adapte à des publics en difficulté d’élaboration verbale


Elle constitue ainsi un levier précieux dans les dispositifs d’accompagnement des salariés en arrêt maladie ou en situation de fragilité psychique.


Une pratique engagée, au croisement du soin et de la création


Mon expérience à la CRAMIF de Fontenay-sous-Bois confirme combien l’art-thérapie contemporaine peut s’inscrire dans une démarche de soutien et de reconstruction auprès de publics en souffrance. Elle ne remplace pas un suivi médical ou psychothérapeutique, mais elle en constitue un complément profondément humain, sensible et incarné. Dans un monde professionnel où la parole est souvent contrainte, normée, évaluée, l’espace créatif ouvre une possibilité rare : celle d’être sans avoir à se justifier.


L'importance de l'art-thérapie dans la guérison


L'art-thérapie ne se limite pas à un simple acte créatif. Elle représente un véritable processus de guérison. En permettant aux individus de s'exprimer sans contrainte, elle favorise une exploration intérieure profonde. Chaque coup de pinceau, chaque forme modelée, devient une métaphore de la lutte intérieure. Ce cheminement créatif aide à libérer des émotions refoulées, à redéfinir des identités et à reconstruire des récits personnels.


Une approche personnalisée


Chaque personne est unique, tout comme ses souffrances. L'art-thérapie offre une approche personnalisée qui tient compte des besoins spécifiques de chacun. Que ce soit à travers la peinture, le collage ou la sculpture, chaque technique permet d'atteindre des objectifs différents. Cette flexibilité est essentielle pour répondre aux diverses attentes des participants. Parfois, il suffit d'une simple couleur pour évoquer des sentiments profonds. D'autres fois, une forme complexe peut représenter des luttes intérieures.


L'art comme miroir de soi


L'art devient un miroir, reflétant non seulement nos émotions, mais aussi nos aspirations. À travers le processus créatif, nous avons l'opportunité de nous reconnecter à nous-mêmes. Les œuvres créées deviennent des témoins de notre parcours. Elles capturent des moments de vulnérabilité, mais aussi de force. En observant notre propre création, nous pouvons apprendre à nous accepter, à nous aimer, et à nous valoriser.


Conclusion : Un chemin vers la résilience


En somme, l'art-thérapie est bien plus qu'une simple pratique artistique. Elle représente un chemin vers la résilience, une voie d'expression et de guérison. En offrant un espace sécurisé pour explorer nos émotions, elle nous permet de transformer notre souffrance en force. Si vous êtes un professionnel ou une institution souhaitant mettre en place un dispositif d’art-thérapie auprès de salariés en difficulté, ou si vous traversez vous-même une période de souffrance liée au travail, je reste disponible pour échanger autour de votre situation.


Sylvie Kablan, art-thérapeute, Pantin

 
 
 

Commentaires


Posts Récents
Tous les posts
Archives
Rechercher par Tags
bottom of page