En quoi l'art-thérapie se différencie-t-elle de la médiation artistique ?


Art-thérapeute Paris 10ème et Pantin, Sylvie Kablan

En quoi l’art-thérapie se différencie-t-elle de la médiation artistique ?

Afin de traiter cette question, je partirai de trois hypothèses que je développerai par la suite :

La médiation, ou l’art et ses vertus thérapeutiques

L’art-thérapie ce n’est pas l’art pour l’art mais plutôt l’art au sens bricolage du terme, pour le soin. Un bricolage psychique singulier. La médiation artistique, en s’appuyant sur la conviction que l’art a des vertus thérapeutiques, se coupe de la « réalité vivante » du transfert.

Un atelier de création artistique permet au sujet de créer un objet en séance et peut apporter un certain soulagement, des effets thérapeutiques, mais il n’est pas articulé à un processus thérapeutique. Il garde en son sein la solution ce qui implique que le sujet ne cesse de le fréquenter ou de l’idéaliser comme il idéalise l’animateur en tant que référence. Il est là pour colmater le manque en offrant au patient toutes les solutions en séance contrairement à l’art-thérapie qui fait avec le manque.

Dans un atelier de médiation, on apprend une technique, un savoir. Il s’agit d’occupationnel et pas de processus thérapeutique. Or, en art-thérapie, justement l’art-thérapeute ne détient aucun savoir sur le patient, il s’abstient de donner des conseils techniques, de rectifier la production du patient car «l’expression subjective n’est pas confondue avec une performance esthétique ». L.P.A.T. (Ligue professionnelle d’art-thérapie) (2012), « code de déontologie de l’art-thérapeute ».


La médiation, avec une technique à apprendre, un but à atteindre

L’art-thérapie se situe plus au niveau du lieu d’émergence de la créativité, proposant au patient une inspiration lui permettant de créer, s’il le souhaite en séance, mais en lui faisant signe que cela se passe hors séance et pas avec lui. C’est une des différences fondamentales entre l’art-thérapie et la médiation artistique, qui elle propose de créer en séance avec une idée de finalité, de but à atteindre. On se situe plus ici dans le domaine de l’enseignement, de l’éducatif.


L’art-thérapie se veut esquisse, ébauche. « Le curseur est désormais nettement déplacé du donner à voir au donner à entendre dans la mesure où il s’agit, comme l’a clairement montré la psychanalyse, de ne plus se laisser enfermer dans le seul champ de l’imaginaire, c’est-à-dire dans la galerie des glaces des identifications ». (ROYOL, F. (2013), « Arthéâtre Thérapie », Dorval, P11).


La médiation, là où tout se passe en séance

Le processus art-thérapeutique suppose un début, un corps mais surtout une fin. L’atelier artistique ne comporte pas de fin et peut durer indéfiniment. La fin de séance en médiation artistique correspond le plus souvent à la réalisation d’un objet fini, un trophée et n’offre pas de perspective d’un travail psychique à l’extérieur. Le but est atteint, l’objet concret est finalisé, tout s’est passé en séance.